Dérnière mise à jour:
2012-07-19 15:20:59

Les habitants de Damas fuient la ville par centaines

Image extraite d'une vidéo publiée sur YouTube le 18 juillet 2012, montrant un barrage de pneus et de poubelles enflammés à Damas, dans le quartier d'Al-Hajar al-Aswad.

Image extraite d'une vidéo publiée sur YouTube le 18 juillet 2012, montrant un barrage de pneus et de poubelles enflammés à Damas, dans le quartier d'Al-Hajar al-Aswad.

Les très violents combats qui se déroulent dans la capitale syrienne alourdissent le bilan humain de la guerre civile entre le régime de Bachar al-Assad et les rebelles de l'ASL.

Des centaines de personnes fuyaient jeudi matin des quartiers de Damas, théâtre de combats d’une extrême violence, au lendemain d’unattentat ayant frappé de plein fouet l’appareil sécuritaire du régime et tué trois hauts responsables, dont le beau-frère de Bachar al-Assad.

Plus de seize mois après le début de la révolte contre son régime, les violences n’ont connu aucun répit mercredi dans le pays, où au moins 214 personnes, dont 124 civils, 62 soldats et 28 rebelles, ont péri selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Il s’agit de la journée la plus sanglante depuis le 4 février où plus de 230 personnes avaient péri dans le pilonnage de Homs.

Après l’attentat contre le bâtiment de la Sécurité nationale en plein centre de Damas où se tenait une réunion de hauts responsables de la sécurité, les Etats-Unis ont estimé que le régime était en train de «perdre le contrôle de la Syrie» et souligné l’urgence d’une transition politique pour «éviter une guerre civile longue et sanglante».

Le président Assad n’avait fait aucune déclaration ni apparition publique jeudi à la mi-journée.

A Damas, la vie tourne au ralenti. La majorité des échoppes des rues commerçantes de Salhié et de Chaalane sont fermées. Et dans celles restées ouvertes, de rares clients s’approvisionnent à la hâte.

«Les gens ont peur, ils pensent désormais qu’après l’attentat, tout peut arriver», a déclaré à l’AFP un marchand ambulant du quartier de Bab-Touma.

A l’ONU, le Conseil de sécurité devait voter jeudi sur un projet de résolution déposé par les Occidentaux menaçant le régime de sanctions, alors que la Russie, alliée de Damas, campe sur ses positions dans son rejet de sanctions.

Sur le terrain, les combats à Damas, qui avaient débuté dimanche, ont redoublé d’intensité.

«Ces combats d’une extrême violence devraient se poursuivrent pendant les prochaines 48 heures pour nettoyer Damas des terroristes avant le début du ramadan», mois de jeûne musulman qui est sur le point de commencer, a indiqué jeudi une source de sécurité dans la capitale.

Depuis le début de la révolte en mars 2011, les autorités qualifient les rebelles de «terroristes» appuyés par des pays étrangers.

«L’armée a fait jusqu'à présent preuve de retenue»

«Jusqu'à présent, l’armée avait fait preuve de retenue dans ses opérations mais depuis l’attentat, elle est décidée à utiliser toutes les armes en sa possession pour en finir avec les terroristes», a ajouté cette source.

Selon la source de sécurité, «l’armée a demandé à la population de s'éloigner des zones de combats alors que les terroristes cherchent à utiliser les habitants comme boucliers humains».

Des centaines d’habitants fuyaient un secteur situé à la périphérie de Mazzé en direction de l’intérieur de ce quartier huppé, «par peur d’une opération d’envergure des forces régulières» à la suite de combats, selon l’OSDH. Les mêmes mouvements étaient notés dans le quartier de Tadamone et dans le camp palestinien de Yarmouk, dans le Sud.

Trente-huit personnes avaient péri la veille dans les violences dans la capitale, selon l’OSDH.

L’attentat de mercredi a été revendiqué par l’Armée syrienne libre (ASL, composée en majorité de déserteurs) qui avait annoncé la veille «la bataille pour la libération de Damas». Elle a indiqué qu’il s’agissait de «la première d’une série de grandes opérations visant à faire chuter Assad et l’ensemble des piliers et symboles du régime».

Les autorités ont parlé d’une attaque «terroriste» mais contrairement aux attentats précédents, aucune image n’a été diffusée par les médias officiels et les circonstances de l’attaque demeuraient encore floues.

Les trois dignitaires syriens tués mercredi dans un attentat: de gauche à droite, l'ex-ministre de la Défense Hassan Ali Turkmani, le ministre de la Défense Daoud Rajha et son adjoint Assef Shawkat, beau-frère de Bachar al-Assad.

Les trois dignitaires syriens tués mercredi dans un attentat: de gauche à droite, l’ex-ministre de la Défense Hassan Ali Turkmani, le ministre de la Défense Daoud Rajha et son adjoint Assef Chawkat, beau-frère de Bachar al-Assad. 

Le régime, un «loup blessé»

Le ministre de la Défense, le général Daoud Rajha, son vice-ministre, le général Assef Chawkat, beau-frère du président, et le général Hassan Turkmani, chef de la cellule de crise mise en place pour mater la révolte, ont péri dans l’attaque.

Et le ministre de l’Intérieur, Mohammad Ibrahim al-Chaar, et le chef de la Sécurité nationale, Hicham Ikhtiar, ont été blessés, selon une source au sein des services de sécurité.

Les Frères musulmans, influente composante de l’opposition, ont jugé pour leur part que le régime était désormais «aussi dangereux qu’un loup blessé».

Le journal du parti au pouvoir, al-Baas, a reconnu jeudi que l’attentat avait «fait mal».

«Les traîtres, les agents et les mercenaires se font des illusions s’ils pensent que la Syrie va courber la tête face à ce coup, même s’il fait mal», écrit-il.

A New York, le vote sur le projet de résolution occidentale prévu à la base mercredi a été reporté à jeudi matin à la demande de l'émissaire international Kofi Annan qui espérait toujours un compromis avec Moscou, selon des diplomates.

L’ambassadeur français Gérard Araud a affirmé que le cadre des négociations devait être «une résolution sous chapitre VII avec une menace de sanctions». Mais la Russie a réaffirmé qu’elle ne pouvait pas accepter de sanctions.

Le Conseil a par ailleurs jusqu'à vendredi soir pour adopter une résolution sur le sort des 300 observateurs de la Mission d’observation de l’ONU en Syrie, dont le mandat expire à cette date.

Les Occidentaux veulent assortir son renouvellement de pressions sur Damas et la Russie veut se contenter de prolonger cette mission, qui a été incapable depuis la mi-avril de faire cesser les combats.

Source :AFP

Partagez cet article
Ajoutez un commentaire

Lire aussi
Gaza : manifestation géante pour l'anniversaire du Fatah
Plusieurs centaines de milliers de Palestiniens ont particip...Syrie : la Russie presse l'opposition et le régime de négocier
La diplomatie russe a invité le chef de la Coalition de l'op...Égypte : la nouvelle Constitution approuvée par les deux tiers des votants
La Constitution défendue par les islamistes au pouvoir en Ég...Les Égyptiens approuvent la nouvelle Constitution
Près de deux tiers des électeurs ont approuvé samedi le text...Poutine prend ses distances avec le régime de Damas
La Russie se désolidarise plus nettement du régime de Bachar...L'Egypte se prononce sur un projet de Constitution controversé
Les Egyptiens votaient samedi pour la deuxième et dernière p...L'Egypte vote dans le calme, l'opposition dénonce des fraudes
Les Egyptiens votaient dans le calme, samedi 15 décembre, po...Khaled Mechaal, chef du Hamas, homme aux multiples vies
Vendredi, il a été accueilli triomphalement dans la bande de...Inquiétude d'Israël après sa défaite à l'ONU
Benyamin Nétanyahou l'a proclamé jusqu'au dernier moment : l...La Palestine devient État observateur à l'ONU
La Palestine est devenue jeudi «État observateur non-membre»...
Pour une météo détaillée Cliquez ICI !


Tous droits résérvés © 2014 tounesalyaoum.com A Propos | Conditions d'utilisation | Vie privée | Contact