Dérnière mise à jour:
2012-07-22 12:41:22

La sécheresse fait flamber les prix des céréales

La production mondiale de céréales subit de lourdes pertes avec le climat sec persistant en Russie et aux Etats-Unis. Copyright Reuters

La production mondiale de céréales subit de lourdes pertes avec le climat sec persistant en Russie et aux Etats-Unis. 

L'extrême sécheresse qui sévit actuellement sur les Etats-Unis et le bassin de la mer Noire entraîne une flambée mondiale du cours des grains. Sans améliorations rapides, les experts craignent que la réduction de l'offre se traduise par une crise alimentaire.

 

Saison noire pour la récolte des céréales. La sécheresse qui touche les Etats-Unis et l'Europe depuis le mois de juin fait grimper les cours mondiaux du blé, du maïs et du soja à des taux historiques. Une situation d'autant plus inquiétante que la demande reste élevée, en particulier de la Chine, premier pays-acheteur de grains au monde. Du coup, les prévisions de productions mondiales sont largement revues à la baisse. Selon les chiffres du Conseil international des céréales, les stocks de clôture devraient atteindre 360 millions de tonnes pour la saison 2012-2013, soit 13 millions de moins que l'estimation précédente.

Temps sec persistant pour les Etats-Unis

Au pays de l'oncle Sam, premier producteur mondial de céréales, les prix du maïs et du soja ont augmenté respectivement de 50% et 26% depuis le mois de mai. Dans le détail, cela donne un coût de 8 dollars (6,6 euros) le boisseau de maïs, soit un prix 3,5 fois supérieur à celui d'il y a dix ans. Même son de cloche concernant le boisseau de soja, qui bondit à 17 dollars (14 euros). Par ailleurs, les prévisionnistes sont pessimistes quant à la possibilité d'une amélioration climatique prochaine. Selon le service météorologique américain (NOAA), le temps sec devrait perdurer jusqu'au mois d'octobre et toucher au moins 61% de la surface du pays. Du jamais vu depuis 56 ans.

Conséquence d'une faible récolte, les exportations chutent. Durant la semaine du 12 juillet, les ventes de maïs ont dévissé à 180.700 tonnes contre 664.8000 la semaine précédente. Si les pays riches importent toujours, les pays pauvres, notamment en Afrique, se retrouvent démunis face à l'explosion des prix.

L'Europe ne soutient pas le marché

Sur le Vieux continent, le marché des céréales n'est pas non plus au beau fixe. Le bassin de la mer Noire, où se situe la majorité de la production européenne de céréales, est également touché par une sécheresse persistante. Ainsi, le prix du blé a augmenté de 30% en Europe depuis le début du mois de juin. Et la suite n'augure rien de bon : la société de gestion des risques de marchés Agritel prévoit 29 millions tonnes de blé de déficit cette année par rapport à 2011.

Important producteur mondial, la Russie voit notamment ses récoltes se réduire fortement en raison des températures atteignant 35 degrés sur la plupart de ses régions agricoles. Selon les prévisions du centre de recherche SovEcon, le pays le plus vaste de la planète devrait produire 46,5 millions de tonnes de blés pour la saison 2012-2013 alors que les estimations précédentes tablaient sur 48,5 millions. Concernant les exportations, 12 millions de tonnes de blé devraient être exportés contre 21,3 millions pour l'an dernier.

Les experts partagés sur la gravité

Ces chiffres inquiétants ne suscitent pas la même réaction selon les commentateurs. "Je me mets à genoux tous les jours et je prie avec intensité", aurait déclaré avec fatalisme le secrétaire américain à l'Agriculture Tom Vilsak, selon le Financial Times. Et d'ajouter que cet épisode était sans doute la situation la plus grave que traverse les Etats-Unis depuis 25 ans. Le politicien craint en effet une contamination sur les autres industries alimentaires, notamment animales. A plus grande échelle, certains experts redoutent même des répercussions financières en Afrique et une montée de la famine.

Mais pour les Nations unies, la situation n'égale pas encore la crise alimentaire de 2007-2008. Pour mémoire, la flambée des matières premières avait provoqué des émeutes de la faim dans plusieurs pays pauvres, tels qu'Haïti ou la Côte d'Ivoire. "C'est une situation sérieuse mais il est trop tôt pour parler de crise", a déclaré le FAO, organisme de l'alimentation et de l'agriculture rattaché à l'Onu. La culture du riz, très prospère, pourrait être un levier de secours contre le déclin des céréales, estiment les analystes du FAO.

Source :LA TRIBUNE.fr

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